mardi 6 avril 2010

La carte d'identité

De retour en France et en manque d'Indonésie je vais, accompagné de deux amis avec qui j'ai vécu l'expérience jakartienne, à l'ambassade d'Indonésie à Paris histoire de manger quelques mauvais nasi goreng payés super chers en euros et humer l'odeur giroflée de quelques kreteks.

A l'entrée de l'ambassade on laisse nos pièces d'identité, sésames nous permettant l'accès à un bon vieux rendang et mie goreng.
Dans la cafet', on partage nos souvenirs communs de Jakarta et de l'Indonésie dont les bonnes et mauvaises expériences sont gravées à jamais dans nos cœurs (voir dans d'autres parties du corps). Un pays où quelque soit les projets que tu prévois, rien ne se passe comme prévu... mais où tu finis toujours par retomber sur tes pattes à la fin, enfin presque toujours !

A la fin du repas, on continue à partager quelques banalités sur l'actualité du style : "c'est incroyable maintenant ça devient le parcours du combattant pour se faire refaire une pièce d'identité" lorsque l'on arrive à l'accueil et que bien-entendu, une carte d'identité sur les trois manquait... Et oui, on avait oublié que l'ambassade est un territoire indonésien et que là aussi, on ne devait pas baisser la garde.

Faut dire que pour ne pas confondre les cartes d'identités, chacune d'entre elle était soigneusement placée dans une enveloppe numérotée. Et on donnait en échange le numéro correspondant à l'enveloppe au propriétaire de la carte. Mais bon, comme le 24 et proche du 25 vous comprenez... ben je me suis retrouvé avec la carte d'un autre qui était reparti chez lui avec la mienne. Ben oui, on ne regarde jamais ce que l'on nous rend, on le met directement dans la poche !

Bizarrement j'ai pas été surpris de cet évènement inattendu... Je m'en suis même voulu de ne pas l'avoir anticipé en coloriant mon l'enveloppe par exemple.

Se sont ensuivi quelques dialogues rigolos avec la femme qui était visiblement très gênée à en voir la taille de son sourire :
- Vous êtes certain que ce n'est pas vous ? me dit-elle me montrant la carte
- euhh ben oui ! répondis-je en regardant la photo du mec, blond et aux cheveux long alors que je suis brun aux cheveux cours, et barbu !

- Vous pouvez patienter jusqu'à 2h ? Le personnel va revenir de déjeuner.
- Bennnn, c'est qu'il est 2h10 là !

Bref, au bout du compte, après une attente des gens compétents et un pistage des coordonnées du mec, la femme est partie chercher ma d'identité et hop!, quatre heures plus tard environ je pouvais rentrer chez moi.

Une chance que je n'ai rien eu à faire de particulier ce jour là !

Au risque de me répéter, jamais rien ne se passe comme prévu mais on s'y retrouve toujours.

C'est bizarre, mais ... Il me manque ce pays pourri !

mardi 27 octobre 2009

Anecdotes (3) (par CR)

Anecdotes de vie à Jakarta...

-----

17 Avril 2007.
J'interpelle un ojek (moto-taxi) à la sortie de mon boulot.
" - Bonjour, pouvez-vous me conduire à Senen (quartier assez éloigné de mon point de départ) ?
- No problem Mister."
Comme il conduit bien et qu'il ne m'arnaque pas, je prends le numéro de téléphone de Faudil (c'est son nom) pour le rappeler en cas de besoin.
Je ne l'ai finalement jamais rappelé. Et puis...

15 Septembre 2008.
Je sors du boulot et comme chaque jour, interpelle un ojek pour rentrer chez moi, à quelques centaines de mètres de là.
" - A Senen Mister ?
- Heu, non, Kuningan. Pourquoi Senen ?
- Vous ne me reconnaissez pas ? Je suis Faudil !"
Faudil ? ... Ah oui, Faudil !

-----

Un midi. Une collègue :
"- On va manger à Menteng ?"
Je regarde la circulation routière par la fenêtre : fluide vers Menteng, complètement bouché depuis Menteng :
" - Sans moi, trop de bouchons !
- Mais non regarde, les bouchons sont dans l'autre sens, on peut y aller sans problème.
- Oui, et pour revenir ?
- Ah oui, c'est vrai, là c'est embêtant."

-----

Quand on ne sait pas quel sujet aborder avec un indonésien, il y a toujours quelque chose qui est intéressant : les histories de fantômes. Récits incroyables (et souvent longs) garantis.

Je demande donc un jour à une collègue de me raconter ses histoires de fantômes (impossible pour moi de l'écrire ici en quelques phrases, tant ses dires étaient complexes et détaillés).

Ebahi par son récit, je lui demandais si elle voudrait bien me conter de nouveau ces histoires devant une caméra, afin que je puisse en garder une trace.

Elle me regarde bizarrement, visiblement surprise par ma question, puis répond après quelques instants et sans grand enthousiasme apparent : "Euh oui, pourquoi pas, si tu veux."

Elle revient vers moi quelques jours après :
"- Bon Cédric, j'ai bien réfléchi pour ton histoire de film. Ca ne va pas être possible. Car tu vois j'ai entendu des histoires de gens qui avaient eu des ennuis avec des vidéos truquées. Je te fais confiance, tu feras bon usage de la vidéo. Mais imagine que quelqu'un qui me connaisse tombe sur la vidéo, la récupère et la truque, par exemple en modifiant les images de sorte que mes vêtements disparaissent, ce qui me ferait apparaître nue. Tu imagines si un truc comme ça se diffuse sur internet ?
- Wahou..."

-----

Dans une agence de voyage.
Avec un ami français, nous nous renseignons pour un trajet Jakarta-Manado.
Manado a 1h de décalage avec Jakarta.
Cependant, nous n'arrivons pas à expliquer les horaires qui nous sont proposés : 30 minutes de plus sur le vol aller que sur le vol retour.
Nous envisageons les possibilités (escales, décalage horaire d'1h30, etc.), mais rien ne colle.
L'agent de voyage cherche avec nous une explication, mais en vain.
Entre une vieille dame qui, ayant entendu qu'on s'interrogeait sur les fuseaux horaires, nous raconte sa vie : "Oui, moi aussi j'ai ce problème. Quand je vais à Bali avec ma fille, pareil j'ai une heure de décalage. C'est à cause des fuseaux horaires qui... blablabla".
Impossible de l'arrêter.
Et bien sûr, ça ne nous a pas du tout avancé.
On ressort de l'agence de voyages 30 minutes plus tard, sans billets et saoulés par la vieille.

lundi 12 octobre 2009

Anecdotes (2) (par CR)

Anecdotes de vie à Jakarta...
-----
" - Allô ?
- Bonjour, je voudrais réserver une chambre dans votre hôtel pour dans 3 semaines.
- Oui, pas de problème, vous passez dans 3 semaines et s'il y a de la place le jour voulu, vous prenez une chambre.
- Oui mais non : je voudrais bloquer une chambre, la réserver ?
- Oui oui, aucun souci. Passez le jour où vous voulez dormir chez nous, et s'il y a de la place, aucun problème, je vous garantis que vous aurez une chambre.
- (soupir) "
-----
Un soir à Jakarta.
J'interpelle un taxi.
Le chauffeur est excité comme un puce :
"- Bonjour Mister !
- Bonjour.
- Merci !
- ... ?
- Oui, Merci d'avoir choisi un taxi de la compagnie "Putra".
- Ah, de rien..."
Quelques minutes se passent.
" - Oui, oui, Merci Mister !
- De rien mon ami, de rien, vraiment. J'apprécie les taxis Putra.
- Merci."
Quelques minutes plus tard, j'écris un SMS.
Le chauffeur explose de rire.
" - Plaît-il ?
- Que faites-vous ?
- Euh... J'écris un SMS.
- Ah OK, je croyais que vous jouiez sur votre téléphone.
- Ah, non.
- Pardon Mister.
- Pas de souci mon vieux."
-----
Macet à Jakarta.
Changements de files brutaux, intempestifs, agressifs.
Des injures criées par la fenêtre.
Klaxons, énervements, des motos qui doublent de tous les côtés.
Mais toujours le doux clignotant.
Le calme clignotant.
Régulier.
Utilisé à foison, avec discipline.
L'exception dans l'incohérence de la conduite routière en Indonésie.
Comme s'il était là pour adoucir l'atmosphère,Rythmer le chaos...
-----
Je suis sur une passerelle piétonne qui passe au-dessus d'un grand axe routier de Jakarta.
Au milieu de mon chemin, patatra. La pluie.
Coup de bol, la passerelle est couverte.
Une pluie à Jakarta... On ne sait jamais trop quand ça va s'arrêter.
Je fais des allers-retours sur ma passerelle, trépignant.
Il pleut vraiment beaucoup, et il y a du vent qui fait pénétrer l'eau sur la passerelle, par les côtés. Je peine à me protéger des trombes d'eau (i.e. je suis trempé).
Une fille voilée passe par là avec un parapluie."Hello Mister. (Me montrant le parapluie) Maybe you need this ? Hihihi !"
Sous la pluie, discussion sur la pluie et le beau temps, en haut d'une passerelle où nous sommes bloqués (je serais incapable de vous dire de quoi on a parlé, je n'en ai aucun souvenir).
On est obligés de parler fort pour couvrir le tambourinement de l'eau sur la tôle. Et puis, "elle doit y aller".
Surréaliste.

lundi 28 septembre 2009

Tanjung Priok (par CR)


Octobre 2006.

Je viens d'arriver à Jakarta.
A une soirée, je rencontre un gars qui s'appelle FV. Il est sympa, il est marrant, et il a la colique. Néophyte, je capte toutes les idées de points d'intérêts ou des choses à voir dans la capitale indonésienne. Il me cite le Monas, les temples chinois, blablabla, "et pourquoi pas, si le coeur t'en dit, pousser jusqu'au vieux Tanjung Priok".
Je le fixe avec les yeux ébahis : "Wahou... Tanjung Priok ? Ca en jette comme nom !"

Samedi 6 Septembre 2008.

Il ne me reste plus que quelques semaines à passer en Indonésie, et je ne sais pas trop quoi faire aujourd'hui. Me reviennent à l'esprit les dires de ce bon vieux FV, et, bien qu'un peu sceptique quant à l'intérêt réel du lieu, je prends un Blue Bird, à l'assaut du port industriel de Jakarta. Le conducteur me regarde bizarrement quand je lui indique cette destination un samedi après-midi, en étant vêtu de mes plus beaux habits de touriste (t-shirt troué, short vert et tongues volées dans un hôtel à Sumatra).

C'est parti sur la jalan toll. Ah oui, je ne vous ai pas dit. Tanjung Priok, c'est hyper loin, paumé là-haut tout au Nord.


On passe des zones industrielles, des coins en friche, et enfin, on arrive. La première impression est un peu rude : des tas de terrains séparés par des barbelés, sur lesquels s'entassent des gros containers. Mais il faut persévérer. Le taxi me demande : "- Où voulez-vous aller Mister ?
- Euh..."

Un gars fait la circulation sur le rond point à l'entrée du port. "Di mana kita bisa lihat kapal-kapal ?" ("où peut-on voir les bateaux ?"). Le gars me regarde, un peu ahuri, et ne répond pas vraiment à ma question. Qu'importe ! J'indique des directions au pif à mon taxi, on va bien y arriver ! En plus, on se balade dans des coins vraiment sympas...

On tourne entre les entrepôts, les pelleteuses et autres engins roulants. Et puis enfin, après 15 minutes à la chercher, en demandant la direction aux quidams, ça y est, elle est là ! Marron, vaseuse, puante, oui c'est bien elle ! la mer, la Laut Jawa...


A quai, plein de vaisseaux magnifiques. J'aurais bien aimé en visiter un...


Je demande au taxi de faire une pause, je me balade le long des quais, tranquillement. C'est vraiment paisible et agréable, et comble du bonheur, il n'y a aucun touriste (une légende prétend que FV lui-même n'y aurait jamais mis les pieds).


Je sympathise avec les locaux. C'est un peu comme dans les villages paumés en plein coeur de Sulawesi: ici, on n'a jamais vu un blanc. A quelques kilomètres de la mégalopole, on retrouve l'authenticité indonésienne, il ne manque vraiment que les rizières.


Au bout d'un moment, je commence à m'ennuyer un peu. Je demande à mon taxi de me ramener. 200.000 Roupies : la note est un peu salée... Mais c'est ça, le coût du dépaysement.
Merci FV pour le conseil.


Emmenez-moi au bout de la terre,
Emmenez-moi au pays des merveilles,
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil.

jeudi 24 septembre 2009

Adjectifs (par CR)

Les mots qui me viennent à l'esprit si on me demande de décrire la majorité des indonésiens avec du vocabulaire français (est-ce que cela a un sens ?)... Sans généraliser bien sûr !


Accueillants. Gentils. Souriants. Riants. Serviables. Curieux. Indiscrets. Discrets. Schizophrènes. Soumis. Résignés. Innocents. Naïfs. Spontanés. Aimables. Calmes. Paresseux. Peux rigoureux. Bavards. Gourmands. Jolies. Craintifs. Patients. Pas solitaires. Optimistes. Pieux. Pratiquants. Tolérants. Imprévisibles. Pas toujours cohérents. Attachés à leur famille. Attachés à leurs traditions. Doués en improvisation. Polis. Amateurs de ragots. Pas ponctuels. Suiveurs. Pas souvent force de proposition. Joueurs. Timides. Facilement satisfaits. Capricieux. Prosternés devant l'Occident (dans les grandes villes seulement). Vecteurs de bonne humeur. Victimes de la corruption. Victimes des catastrophes naturelles. Victimes d'un mauvais système d'éducation.

mercredi 15 juillet 2009

Ghostbusters au pays du tofu

Après 4 cas de dengue en 2 semaines au bureau, notre DRH s’est décidée à appeler une équipe de démoustiqueurs…

[Petit intermède médical : la dengue ça s’attrape pendant la journée, par les moustiques rayés noirs et blancs. La période d’incubation est d’environ 7 jours, et les symptômes assez reconnaissables : fièvre soudaine, mal de tête, mal aux articulations et aux yeux. La fièvre dure environ 3 jours, et descend graduellement, grosse fatigue pendant une semaine… Rien à faire à part prendre du panadol (surtout pas d’aspirine), vérifier le niveau de trombosites tous les 2-3 jours, même après la fin de la période de forte fièvre…Et boire du jus jambu merah…]

Enfin bref, les démoustiqueurs arrivent le samedi matin au bureau, commencent à envoyer la sauce, et au bout de 5 minutes, détalent comme des petits faons, en braillant et en agitant les bras en l’air… Notre office boy en rattrape un, qui lui dit « c’est complètement affreux, il y a un fantôme (ada setan) dans votre entrepôt !! ». Il raconte que ledit fantôme ne veut pas entendre parler de démoustiquage, on l’a courroucé, et il va falloir l’apaiser, sinon le malheur et la mauvaise fortune vont s’accabler sur nous…Ben bravo, nous voilà dans de beaux draps, c’est la panique au bureau… Mes collègues commencent à faire l’inventaire de tous les incidents maintenant attribuables au fantôme: « il y a deux semaines, Dewi est tombée dans l’entrepôt, et Agus a tapé le pare-choc de sa voiture en se garant devant…Et tous ces cas de dengue… Tout ça c’est de la faute du fantôme, il faut vite s’en débarrasser avant que quelque chose de grave n’arrive !!! ».

Ca tombe bien, un de mes collègues connaît un bon exorciste chasseur de fantômes…

Le samedi suivant, les ghostbusters arrivent…Je suis un peu déçu, ils sont vachement moins funky que Bill Murray et Dan Akroyd, ils n’ont pas de désintégrateur de particules, et comble du sacrilège, dans leur Kijang ils écoutent du Dangdut

Alors, comment fait-on pour chasser des fantômes sans les outils traditionnels du ghostbuster ? Et bien c’est très simple, il faut juste se rappeler que le fantôme est lui aussi indonésien, donc tout ça devrait se régler avec un peu de bouffe… Avec ma naïveté de bule (homme blanc occidental), je m’étonne :

- Tu crois qu’il va kiffer le Tofu ? Mais dis-moi au fait, ça mange un fantôme ?
- Non, ça ne mange pas à proprement parler, ça "vole" le goût des aliments.
- Masa sih ? (Qu’est-ce tu racontes l’ami?)

Devant mon apparente incompréhension, mon collègue en rajoute :

- Mais si, je t’assure, chez mon grand-père on a fait ça : une assiette de riz blanc avec de la salade, l’exorciste a pratiqué son rituel pendant 2 jours, et le fantôme est parti en emmenant avec lui le goût des aliments !!
- Oooh, begituuuu… (Mais oui, Thérèse…)
- Véridique, j’ai goûté le riz, et figure-toi qu’il n’avait plus de goût !!
- Du riz blanc vieux de 2 jours qui n’a pas de goût ? Comment cela est-il possible ?
- De toute façon, c’est impossible d’expliquer ça à un bule, vous ne croyez définitivement en rien…

Le fantôme est très présent dans la culture indonésienne, il suffit d’aller au cinéma pour s’en rendre compte : l’un des genres cinématographique les plus populaires du pays, c’est le film de fantômes, il y en a au moins un nouveau tous les mois… Il faut absolument en voir un pour comprendre… Un ami m’a même raconté qu’il y avait un programme de télé-réalité dans une maison hantée, avec des caméras cachées… Et les fantômes apparaissent à l’écran !!! Si ça c’est pas la preuve par trois que les fantômes existent…

Absolument TOUT LE MONDE a une histoire de fantôme a raconter : un fantôme qui allume la télé pour regarder son sinetron préféré, une rencontre avec un fantôme suicidaire dans une chambre d’hôtel, un fantôme qui apparaît en arrière-plan d’un photo, une visite au cimetière qui a failli mal tourner, une porte qui claque mystérieusement, un vase cassé, ou encore 20.000 roupies qui disparaissent du portefeuille de papa... En fait, le fantôme est bien pratique : on peut tout lui mettre sur le dos…

Donc si jamais vous êtes en panne de conversation, que vous venez de dire une connerie ou un truc embarrassant et que vous voulez retomber sur vos pattes, lancez vite une discussion sur les fantômes ou sur le paranormal en général, vous risquez en plus de passer un bon moment…

jeudi 18 juin 2009

Le Bengkel Ketok Magic

Le Bengkel Ketok Magic

‘Bengkel’, ça veut dire garage, ‘Ketok’ c’est frapper ou toquer, et ‘Magic’ ben c’est magique, comme Paris.

Donc, un Bengkel Ketok Magic, qu’est ce que cela peut il bien être ?

L’Indonésie étant le pays du paranormal, la réponse ne m’a pas étonné outre mesure:

Un Bengkel Ketok Magic, c’est un garage où l’on fait appel à des pouvoirs magiques en invoquant des esprits sataniques complètement maléfiques...

A l’intérieur, très peu d’outils…avant de se mettre au travail, l’apprenti sorcier ferme le garage avec une grande bâche pour que l’on ne puisse pas observer ses rites et incantations…

L’avantage du Bengkel Ketok Magic : en 30 minutes ta voiture est réparée, et ça coûte moins cher qu’un Bengkel normal.

L’inconvénient : il faut venir avec la somme exacte, du genre Rp. 373,856, 900, sinon ils refusent de travailler…

Un autre inconvénient majeur: le garagiste faisant appel a des esprits sataniques, ta voiture est alors possédée, et il se pourrait fort que tu aies prochainement un accident (véridique, demandez a vos collègues indonésiens)…

Vous voila prévenus…

samedi 16 mai 2009

Anecdotes (par CR)

Anecdotes de vie à Jakarta...

--

Je suis au travail.
Mon bureau est situé à proximité de la sortie vers le couloir, où se trouvent les WC.
Une collègue se précipite dans mon bureau, l'air embarrassée.
" - Coucou ! Que se passe-t-il ?
- Cédric, il faut que j'aille aux toilettes...
- Euh... Oui, et en quoi puis-je t'aider ?
- Il y a la dame qui vend des gâteaux à l'entrée là...
- Euh, oui, et alors ?
- Eh bien, je ne peux pas passer par l'entrée tant qu'elle est encore là puisque je ne veux pas lui acheter ses gâteaux aujourd'hui !
- Euh... Tu ne peux pas sortir sans lui acheter de gâteau ?
- Non, je ne peux pas.
- Pourquoi ?
- Tidak enak hati !"

"Tidak enak hati", voilà un terme intraduisible en français sans lui faire perdre sa beauté, sa pureté, sa spontanéité. La juxtaposition mot-à-mot de concepts simples qui fait toute la beauté de la langue indonésienne.

TIDAK : négation
ENAK : bon
HATI : coeur

"Ce n'est pas bon de coeur" de passer devant cette dame sans lui acheter de gâteau.

Et puis, la dame qui vendait les gâteaux est partie, alors ma collègue a pu quitter mon bureau et aller aux toilettes.

--

" - Allô ?
- Oui bonjour, c'est votre banquière.
- Oui bonjour, que se passe-t-il ?
- Je voulais vous demander quelque chose : J'ai vu sur votre dernier relevé que vous ne payez que 250.000 roupies par mois pour votre abonnement Internet, c'est quelle formule ? Je pensais avoir le moins cher mais je paye 300.000 !?
- Euh..."

--

Aéroport de Jakarta, un soir...
L'agitation, les faux taxis qui m'assaillent à l'arrivée, "Hello Mister, Taxi, Backpaker area, Jalan Jaksa, OK ?"
Rien à faire, j'ai beau habiter en Indonésie depuis 2 ans, la couleur de ma peau continue de me trahir.
Une hôtesse de la compagnie Gamya. Tiens ça tombe bien, c'est sérieux les taxis Gamya.
La jeune femme finit sa discussion avec un indonésien, puis se retourne vers moi :
"Where do you go ?"
Je reste bouche bée.
Il est si beau, ce "Where do you go ?"...
Prononcé machinalement.
Ce si bel accent anglais à l'indonésienne, si imparfait.
Transpirant la pureté, l'innocence...
Un genre de fierté à employer la langue de Shakespeare aussi, ne serait-ce que pour exprimer de l'informatif...
Je souris enfin, c'est impossible de résister.
"Taman Rasuna Apartemen".

--

Un dimanche après-midi à Jakarta. Soleil de plomb.
En taxi. Un vieux chauffeur de la compagnie "Express".
Pas très bavard.
On trace sur un grand axe désert.
Silence dans la voiture.
Il tourne la tête et me regarde fixement quelques secondes.
Il regarde sa route de nouveau.
Quelques secondes plus tard, il me fixe de nouveau un instant.
Puis il se concentre sur sa route à nouveau.
Il pose sa main sur la cassette de son autoradio qui n'est pas enclenchée, prêt à la mettre en route.
Il jette un dernier coup d'oeil sur moi, hésitant.
Il cesse de me regarder, et se décide enfin à lancer sa musique.
C'est une version longue genre bossa nova de "Pepito Mi Corazon".

C'était la première fois que j'entendais cette chanson en Asie (et aussi la dernière).
Traverser Jakarta déserte au son de cette musique : surréaliste.

jeudi 8 janvier 2009

Bienvenue en Indonésie ! La Foire Aux Questions spéciale Expatriation à Jakarta

Vous nous avez posé des questions par e-mail, voici les réponses :


Peut-on vivre en Indonésie avec 600 dollars/mois ?
Seulement 3% des foyers Indonésiens ont un revenu mensuel supérieur à 300 dollars/mois (d’après une étude que je me rappelle plus où je l’ai lu), donc oui, il est possible de vivre très correctement avec 600 dollars par mois. Il y a d’ailleurs un petit contingent de RMIstes qui squattent à Jalan Jaksa, en donnant des cours d’anglais de temps en temps pour boucler les fins de mois. Par contre ce sera pas la grande vie d’expat : Voilà comment tu peux répartir ton budget : Logement = 200 dollars/mois (chambre avec A/C en kos), Nourriture=150 dollars/mois, Transport = 100 dollars/mois. Et le reste à répartir entre téléphone, loisirs, etc… Maintenant, ça c’est pour la théorie, en réalité Jakarta est une ville dans laquelle on dépense assez facilement, parce que rien n’est très cher, donc tout dépendra de ta capacité à résister à la fièvre consumériste du pays. Evite d’avoir une petite copine aussi.

Est-il facile de trouver un logement ? Combien ça coûte ?
Alors le moins cher, c’est de louer une chambre dans un kos (chambre chez l’habitant ou dans des résidences partagées) = de 50 à 250 euros/mois. Pour 50 euros, tu pourras avoir une petite chambre avec les toilettes sur le palier, dans des quartiers un peu excentrés tandis que pour 250 euros, tu trouveras une chambre toute moderne, avec accès Internet, eau chaude, air conditionné. Beaucoup de ces kos pour jeunes « executives » se trouvent à Casablanca, entre Sudirman et Rasuna Said dans le quartier des affaires. Pour les trouver, il y a un site avec des offres (jakartakos.com), ou encore le housing forum du site "Living in Indonesia" mais le mieux est encore de demander à des amis ou à un chauffeur de taxi ou de bajaj, qui saura surement vous renseigner moyennant quelques roupies. En vous baladant aussi, on voit souvent des écriteau avec marqué "Kos" dessus. Avis aux fétards: Dans l'immense majorité des cas, il est interdit d'avoir des invitées le soir.
Toujours abordable mais quand même plus cher, tu as des appartements destinés à la classe moyenne Indonésienne ou aux expats qui ont pas des salaires d’expats (ou qui paient eux même leur logement). Les plus connus sont à Taman Rasuna, sur Rasuna Said, où vit la moitié de la Jakartateam. Il existe d’autres options, mais moins centrales, vers pasar Senen (Residences Allson ou Alson), à Kelapa Gading (Mediterania Appartment) à Kota (mais je me souviens plus du nom). Les prix c’est aux alentours de 450 euros pour un appart avec 2 chambres, et il faut payer 6 ou 12 mois en avance.
Après, dans le plus cher, il y a des appartements tout confort dont les prix vont de 700 à 3000 euros pour un T2. Il y en a un peu partout mais on ne les a pas essayés malheureusement. Ils offrent à peu près tous les même prestations donc c’est bien de les choisir en fonction de l’emplacement je pense. Pour quelques noms, cliquez ici.
Pareil pour les maisons, les prix commencent à 700-800 euros pour une petite maison (enfin, grosse si on compare à la France) à Kemang, le quartier du Sud de Jakarta où vivent la plupart des expats qui ont une famille car c’est là que les écoles internationales se trouvent. Les prix sont un peu plus élevés à Menteng, plus au centre. Ça peut être pas mal en coloc parce qu’elles sont très spacieuses. Il faut payer 1 an à l’avance dans la plupart des cas, et il faudra rajouter le coût d’une femme de ménage et d’un gardien (50 euros par mois chaque).
La facture d’électricité peut être assez élevé si tu laisse la clim dans toutes les pièces : Jusqu’à 100 euros par mois facile pour un 2 pièces.

Qu’est-ce qu’on mange à Jakarta ?
Il est rare de cuisiner en Indonésie, à moins de vraiment aimer ça. Il y en a pour toutes les bourses, moins d’un euro pour un nasi goreng (riz frit) pris dans la rue avec un thé glacé, à environ 10 euros dans un bon restaurant, boisson comprise. Il y a bien plus cher évidemment, en particulier dans les hôtels 5 étoiles. Il y a de tout (cuisine française, italienne, indienne, etc..) mais les restaurants qui offrent le meilleur rapport qualité prix sont ceux qui servent de la cuisine asiatique. Les restaurants que nous recommandons (bons et pas trop chers): Die Stube, Trattoria, Lang Viet, L’Escargot, El Wadj, Lara Djonggrang, Payon, Al Nafoura

Comment on se déplace à Jakarta ?
C’est un des postes de dépense qui fait le plus mal en l’absence d’un vrai réseau de transport en commun. Il y a des bus, certes, mais c’est vraiment la galère, niveau confort d’une, et au niveau de l’intelligence globale du système (pas de plan, c’est le bordel). Le ticket est pas très cher par contre, 1500 roupies ou quelque chose comme ça. Voilà sur quoi tu pourras tomber :


Becak : Les pousse-pousse = il y en a dans le quartier chinois seulement (jamais utilisé)


Bajaj : L’équivalent des rickshaws Indiens ou des tuk-tuk thaïlandais, entre 3000 et 10000 roupies la course pour des petites distances. Ils ne peuvent pas emprunter les grands axes donc c’est pas très pratique.

Anggot=Taxi qui ramasse tous le monde, avec une huitaine de passagers voire plus suivant l’âge du captaine : Ils longent un axe et coûtent dans les 1000 à 2000 rp. Pratique pour aller du Sun City au Stadium

Bus privés :Les fameux Kopaja, plus d’autres marques. Carrément bondés en journée, sales, inconfortables et on y crève de chaud


Le Transjakarta : C’est bien, c’est ce qui se rapproche le plus du métro à Jakarta, et pas trop cher (3500 rp.). Pas beaucoup de correspondance par contre, c’est dur de faire du porte-à-porte avec.

Les ojeks : Motos-taxis. Très pratique car tu évites les embouteillages en slalommant entre les voitures à l'arrêt ou en passant par des petits chemins. Tu négocies le prix à l'avance donc tu es sûr qu'il prendra le chemin le plus rapide. Par contre tu te morfles la pollution dans la gueule, ce n'est pas très confortable et il faut avoir confiance en ton chauffeur.

Les Taxis Tarif Lama, ou Tarif Bawah : Les taxis les moins chers (30% de moins que les tarifs baru). Plusieurs marques dont la plus connue est Express (et la plus sûre). Les Transcab sont biens aussi, tout neuf, et avec la télé à l’intérieur.

Les Taxi Tarif Baru : La guerre des prix fait qu’il ne reste plus que Blue Bird, Gamya et Jakarta Metro principalement à appliquer ce tarif. Les Blue Bird sont avec les Express les taxis les plus sures (pas d’arnaques le plus souvent, compteur mis en route sans avoir à le demander)
Silverbird : La gamme au dessus des Blue Bird et environ 20% plus cher.

La voiture du collègue : C’est bien, surtout que les Jakartanais ont souvent des 4X4 très confortable (l’environnement on s’en fout), destinés à les aider à mieux supporter les aléas de la route, et les longues heures d’attentes dans les embouteillages.

Ta propre voiture sans chauffeur : Inconvénients : Il faut acheter le permis environ 100 euros, apprendre à conduire à gauche, trouver des places de parkings, ramener les copains quand on revient de boîte, payer des bonus aux flics qui t’arrêtent parce que ton phare gauche est mal allumé ou parce que les passagers arrières ont par leurs ceintures (NDLR : il n’y a pas de ceinture à l’arrière dans la plupart des voitures vendues en Indonésie).
Ta propre voiture avec chauffeur : Un chauffeur coûte 100 euros par mois.

Comment vous faites avec l’argent?
La monnaie officielle est la Roupie, Rupiah en Indonésien abrégé Rp. Le plus gros billet est celui de 100,000 Rp., ce qui fait à peu près 8 euros. C’est pas grand-chose, et pourtant c’est considéré comme une grosse coupure et t’auras du mal à le changer parfois dans les petits commerces de rue. Attention aussi à ne pas le confondre avec le billet de 10,000 Rp. puisque tous les 2 ont à peu près la même couleur, ainsi qu’un 1 avec beaucoup de 0 derrière.
Les pièces servent pas à grand-chose, à la limite pour payer les gars qui font le parking ou la dame-pipi… et encore, ils te feront sûrement la gueule si tu leur files que ça…

Pour ouvrir un compte en banque en Indonésie, tu auras besoin du KITAS, c’est-à-dire du visa de résident permanent. Si ton entreprise ne te l’accorde pas (il revient assez cher et il y a des restrictions donc beaucoup préfèrent un simple visa d’affaire), cela signifie qu’il te faudra retirer de l’argent avec une carte bancaire, et donc payer beaucoup de frais (entre 5% et 15% de la somme transférée). Pour éviter cela, une solution consiste à ouvrir un compte en France dans une banque qui dispose de son propre réseau d’ATM à Jakarta, par exemple HSBC, ABN-Amro, ou Citibank.


Qu’est-ce qu’il faut absolument que je ramène de France ? Y a-t-il des choses qu’on ne peut pas acheter sur place ?
Il y a de tout à Jakarta, de la baguette de pain au foie gras en passant par le reblochon. Niveau prix par contre, c’est plus cher : 1) pour les produits importés 2) pour les produits de luxe 3) pour tout ce qui est haram (=interdit par la religion musulmane) donc le porc ou l’alcool.
Carrefour est présent dans tous l’Indonésie et vend quelques produits « français » = moutarde, baguette, mayonnaise, etc… Encore mieux mais plus cher : les magasins Kem’Chicks à Kemang et au Mall Pacific Place, Food Hall à Plaza Indonesia ou encore le Ranch Market à Mega Kuningan.
Niveau fringues= Si tu fait 1m95 et que tu chausses du 46, tu auras peut-être du mal à trouver des affaires à ta taille. Il y a pas beaucoup d’anorak non plus, mais normalement t’en auras pas besoin.
Pour les prix, les grandes marques sont en général moins chères qu’en France (-30%) mais ce n’est pas toujours vrai, en particulier dans des magasins comme Sogo et avec certaines marques (Guess, Calvin Klein, Boss) où les prix sont proches de ceux pratiqués en Europe. Il y a des magasins d’usines comme The Warehouse à Senayan ou encore à Bandung, qui proposent des prix littéralement cassés sur des grandes marques. Ça peut mériter le détour…
Si tu achètent des fringues sans marques, alors c’est pas très cher et souvent de qualité puisque les produits sortent des mêmes usines que les marques plus chers… c’est juste le logo qui change… Les bons endroits = Mall Sarinah, Blok M Plaza, Mangga Dua Square
En électronique, je n’ai jamais rien acheté mais il parait qu’il ne faut pas s’attendre à faire d’énormes affaires… mieux vaut acheter à Singapour.. A Mangga Dua il y a un choix énorme mais les prix ne sont pas affichés et on m’a parlé de problèmes avec la garantie.

Comment sont les Indonésiennes ?
Elles sont souvent très belles, dangereusement belles. Et puis rigolotes, joueuses, exotiques, capricieuses.

Y a-t-il beaucoup de prostituées à Jakarta? Y a t'il beaucoup de prostitution à Jakarta?
Oui, beaucoup, mais pas de partout. Plusieurs distinctions : Les filles en free-lance, qui sortent plutôt avec des «bule » (occidentaux), et qu’on trouve là où il y a des bule, c’est-à-dire dans les bars d’hotels (B.A.T.S au Shangri-La, CJ’s à l’hôtel Mulia, Tiga Puluh au Méridien, Stix au Park Lane), au Blok M (My Bar, D’s Place, Top Gun, etc…), et quelques autres endroits (Red Square, Stadium). Elles cherchent, c’est selon la tête du client, du cash, un I-Pod, ou un futur mari, et souvent les trois en même temps. Il faut quand même faire la différence entre une fille du Blok M qui prendra le premier venu, avec une du B.A.T.S, souvent (pas toujours vrai) plus intelligente, parlant bien anglais et ayant fait des études et qui prendra soin de choisir sa victime (certaines se débrouillent très bien financièrement, réussissant à gagner beaucoup d’argent en jonglant avec plusieurs petits copains à travers le monde, chacun envoyant un peu de thunes tous les mois).
Et puis après il y a les filles de Kota, qui ont le plus souvent un « manager » auquel elles sont liées contractuellement. On les rencontre dans quasiment toutes les boites/bars/salon de massage/karaoké du nord de la ville, et là les filles ont pas trop le choix : Le client la choisit, la paye, et monte dans la chambre. Et si elles ont un jour off, elles continuent en free-lance ailleurs.
La morale mise de côté, évite de tomber amoureux, parce que les gars à qui ça arrive on les ramasse à la petite cuillère après.

Peut-on rencontrer une fille normale à Jakarta?
Alors moi j’ai pas réussi :-) mais j’imagine qu’en étant plus malin c’est possible… Bon, j’exagère.. Oui, on peut rencontrer des filles normales, au boulot, dans la rue, au mall, en boite même ! Mieux vaut quand même bien choisir son endroit (les boîtes du sud de la ville par exemple : Bliss pour les lycéennes, Kemang pour les étudiantes, Blowfish pour les Chinoises, Mistere pour les quinquas..). Maintenant, c’est comme en France, faut aller leur parler parce que ça marche pas tout seul…
Il y a assez peu de couples bule-indonésien qui tiennent la route je trouve: Les attentes, les valeurs, la conception du couple, de l’amour, etc.. tout ça c’est différent donc ça nécessite sûrement plus d’effort qu’une relation avec une Française pour arriver à être sur la même longueur d’onde. Au final, s’il est facile de coucher avec pleins de filles quand on est à Jakarta, tu trouveras peut-être qu’il est difficile d’avoir une histoire sérieuse.

J’ai rencontrée ma copine au Blok M et elle me demande de l’argent pour sa mère qui est à l’hôpital : Que faire? Faut-il lui donner ?
Non, elle se fout de ta gueule. Enfin pas tout à fait. Le mari est supposé soutenir financièrement la famille de son épouse dans la culture indonésienne : On épouse pas juste la femme, on se marie aussi avec la famille. Beaucoup plus de responsabilité donc, car il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas de système de sécurité sociale non plus, donc si il y a un pépin, on se tourne vers le plus riche. Maintenant regarde ta main… t’es pas marié ? ouf !
Dans 99% des cas, c’est un mensonge qu’elle sort à tous les mecs qu’elle croise... une manière détournée de demander de l’argent… Et elle a bien raison je pense puisque ça marche. A toi d’exercer ton jugement…

La vie à Jakarta : C’est pas trop dur?
Non, c’est plutôt pépère… Il faut réussir à oublier la pollution, les embouteillages, la saleté, les odeurs, la pauvreté, la chaleur, le bruit, l’humidité, l’absence de ciel bleu, le manque d’espaces verts. On découvre alors une ville fascinante et vraiment attachante. Et si tu as un salaire correct, alors tu pourras bénéficier d’une excellente qualité de vie : Maison ou grand appart avec piscine, la femme de ménage, les restaurants, les bars, les boites, les massages, les malls, les voyages, les Indonésien(ne)s…

Est-ce que le pays est conservateur ?
Mmmh… bonne question… je ne saurais pas répondre car on voit de tout… je dirais que le pays est schizophrène. Une visite à Kota un samedi soir te fera comprendre pourquoi.
Il faut noter qu'il y a des régions d'Indonésie plutôt libérées (Jakarta, Bandung, Bali, Manado, Florès) et d'autres très conservatrices (Aceh, Lombok, Sumbawa, Sumatra).

Y a-t-il beaucoup de musulmans à Jakarta?
Oui, mais ils sont cools. Mais malheureusement de moins en moins. Les femmes se couvrent la tête de plus en plus, et c’est pas parce qu’il fait plus froid.

Est-ce que Jakarta est une ville dangeureuse?
Je ne me sens pas en danger, et je pense que cet avis est partagé par la plupart des expats. Maintenant, il y a eu des bombes à Bali et à Jakarta qui ont fait beaucoup de mort, donc le danger existe sûrement. Comme il existe aussi à Paris, à Londres ou à NY.
Au niveau sécurité, il y a d’une façon générale moins de crimes et délits que dans n’importe quelle capitale européenne et même dans les quartiers qui craignent un peu, comme à Kota, on peut s’y balader le soir (tout seul à éviter par contre).
J'ai été très surpris de voir il y a quelques mois que Jakarta était la deuxième ville la pire au monde pour les expatriés, après Lagos au Nigeria (voir le lien ici). C'est bien évidemment n'importe quoi, et ça fera rire tout le monde ici, surtout ceux qui sont allés à Riyad, mieux placé que Jakarta.

Est-il facile de rencontrer des Indonésiens ? De se faire des amis Indonésiens ?
Rencontrer des Indonésiens, c’est facile oui, il y en a 250 millions et ils sont souvent très accueillants, très souriants et très curieux aussi envers les étrangers. Je vois la relation entre les étrangers et les locaux un peu de la même manière qu’entre les Parisiens, les « parigots », et les habitants de la Corrèze : Une fascination mêlée d’un peu de mépris et d’incompréhension.
Se faire des amis, c’est plus dur. Les seuls « vrais » amis Indonésiens que j’ai ont fait leurs études à l’étranger, ou ont l’habitude de côtoyer des étrangers. Comme pour les relations amoureuses, peut-être que ça nécessite du temps et plus d’efforts…

Est-ce que c’est dur d’apprendre l’Indonésien ? Où prendre des cours d’Indonésien ?
L’Indonésien c’est pas bien difficile, au moins dans un premier temps. Il n’a pas de conjugaison, pas de temps, et il s’écrit en alphabet romain. Certaines personnes réussissent à se débrouiller très vite, en quelques mois à peine. C’est très pratique d’apprendre quelques mots pour pouvoir survivre dans des situations de la vie de tout les jours : dans le taxi pour expliquer où tu veux aller, au restaurant, etc..
C’est possible de prendre des cours intensif et semi intensif dans certains instituts culturels. Les cours les plus réputés sont ceux de l’IALF (A c’est pour Australie, mais pour le reste…). Assez cher par contre : 450 euros les deux semaines en intensif.


Comment trouver un boulot en Indonésie quand on est jeune? Comment trouver un stage en Indonésie? Est-il facile de touver un travail en Indonésie?
Alors si t’es un jeune de 25 ans sans expérience professionnelle, et que tu parles pas Indonésien. Ça va être dur… Tu peux essayer de trouver un V.I.E mais il y a pas beaucoup d’offres, ou voir si ta boite en France peut envoyer (mais il faut pour cela quelques années d’expériences). Sinon, le mieux est de venir sur place je pense et de démarcher les entreprises pour essayer de trouver un contrat local ou un stage, mais attends toi à recevoir un salaire de merde = 400 euros si t’es chanceux. Mais jusqu’à 1000-1500 euros si t’as 3-4 années d’expériences et que tu frappes aux bonnes portes.
Tu peux aussi travailler illégalement avec un visa touristique ou un visa SOSBUD (visa socioculturel, un agent peut t’aider à l’avoir pour 100$ par mois si t’as pas de sponsor): Prof d’anglais (théoriquement c’est interdit si l’Anglais n’est pas ta langue maternelle) pour environ 700 euros/mois. Figurant/acteur pour des pubs et des sitcoms (ça peut bien payer mais il faut accepter de se faire draguer par Feby, la reine du casting pour étrangers). Ça peut bien payer : 150 euros pour un jour de tournage pour une pub, environ 40€ pour un sitcom, et c’est possible de trouver des rôles assez facilement si tu ressembles pas à Frankenstein. Et puis on te reconnaîtra dans la rue, c’est toujours marrant.
Gigolo aussi ça envoie du lourd… parait qu’à Plaza Senayan ou au Ritz Carlton on trouve facilement des dames fortunées en quête de frisson romantique.

Dois-je amener un pull ? Est-ce qu’il fait chaud ?
On pète de chaud ici, mais encore ça va en ce moment parce que c’est la saison humide (d’octobre à mars). Vu qu’il pleut beaucoup, ça rafraîchit un peu l’atmosphère. Prends un pull quand même pour quand tu va au mall ou au cinéma parce qu’on gèle avec leur putain de clim.

Y a t'il beaucoup de Français à Jakarta? Combien de Français vivent à Jakarta? Quelle est la taille de la communauté Française à Jakarta?
Il y a de plus en plus de Français à Jakarta. D'après l'Ambassade de France à Jakarta, il y avait début 2009 1421 Français enregistrés à Jakarta (et plus de 3000 dans toute l'Indonésie: voir le lien ici). Néanmoins, sachant que tout le monde ne s'inscrit pas au Consulat, je dirais qu'il y en a entre 2000 et 4000 français à Jakarta en comptant les familles, voire plus. Et dans le reste de l'Indonésie au moins 1000 de plus (en particulier grace à la communauté Française de Bali).

Jakartateam : Qui êtes-vous ?
Nous sommes une dizaine, 25-30 ans, la plupart VIE à Jakarta. Quelques expats aussi, quelques stagiaires et quelques on-ne-sait-pas-quoi.

Vous sortez souvent ?
On sort plus trop… faut dire qu’y en a pas mal qui sont rentrés en France et qu’on a presque fait le tour des bars. On est obligé d’aller à Tangerang maintenant pour en trouver des nouveaux.

Etes-vous des pervers ?
Moi non mais les autres oui.

mercredi 7 janvier 2009

La controverse de Djakarta (Un article du Monde de Sylvie Kauffmann)

Le jour où Yudhi Widdyantoro, professeur de yoga à Djakarta, s'est retrouvé devant une brochette d'oulémas en train de justifier son activité, il s'est demandé s'il ne rêvait pas. Mais non, Yudhi Widdyantoro ne rêvait pas, ce matin du 2 décembre, et même s'il rit volontiers aujourd'hui de l'absurdité de la situation, il n'est pas sûr de trouver ça, au fond, vraiment drôle.
L'affaire est partie de Malaisie où, un mois plus tôt, le Conseil national des fatwas avait décrété que la pratique du yoga était "haram" (interdite) pour les musulmans, car teintée d'hindouisme. A peine les amateurs de yoga commençaient-ils à s'en indigner que, déjà, la question traversait le détroit de Malacca et gagnait l'immeuble flambant neuf du Conseil des oulémas d'Indonésie à Djakarta : fallait-il aussi décréter le yoga "haram" en Indonésie, pays qui, avec 240 millions d'habitants dont 85 % de musulmans, abrite la plus forte population musulmane du monde ? Le Conseil décida d'"enquêter".
C'est ainsi que Yudhi se retrouva, avec quelques collègues yogis, devant sept hiérarques religieux, à répondre à des questions sur "le rituel du yoga". L'atmosphère s'est un peu gâtée lorsqu'un des oulémas a demandé à Yudhi, qui trouvait cette convocation "ridicule et arrogante", s'il était musulman. "Oui, sur ma carte d'identité", a-t-il dit. "Vous priez ?" "J'ai répondu non et je suis parti, parce que j'avais un rendez-vous." Depuis, certains de ses collègues le battent froid.
Dernier symptôme de la dynamique qui secoue l'islam indonésien, dont la solide tradition d'ouverture et de tolérance est mise à l'épreuve par le militantisme de groupes conservateurs depuis quelques années, l'affaire du yoga suit son cours. L'intelligentsia de la capitale préfère s'en amuser, après le choc des deux controverses qui ont marqué 2008 : en juin, un décret gouvernemental a gelé les activités de la secte musulmane des Ahmadis, que les radicaux considèrent comme "déviante" parce qu'elle vénère son propre prophète ; puis, le 30 octobre, la loi anti-pornographie a été adoptée au terme d'un long combat entre courants libéral et conservateur de la société et de l'islam indonésiens.
Guntur Romli ne risque pas d'oublier la bataille des Ahmadis - il en porte les cicatrices sur le visage, autour de l'oeil droit. Le 1er juin, il se trouvait parmi les manifestants rassemblés dans le centre de Djakarta pour soutenir le pluralisme religieux et le droit des Ahmadis à exister, lorsqu'un groupe de nervis des islamistes radicaux, le Front des défenseurs de l'islam (FPI), armés de bâtons, a attaqué la manifestation. Plus de 70 personnes ont été blessées ; Guntur Romli s'est retrouvé à l'hôpital avec le nez cassé et trois heures d'opération pour sauver son oeil. "C'est là que ça a commencé, en Indonésie, dit ce jeune intellectuel, qui a étudié l'islam en Egypte pendant six ans. C'était la première agression de l'islam progressiste par l'islam radical."
Quelques jours plus tard, la police a arrêté une cinquantaine de membres du FPI, dont son chef. Mais, le 9 juin, l'annonce du décret donnant partiellement satisfaction aux radicaux - ils demandaient l'interdiction totale de la secte - a été perçue comme une concession du gouvernement, laïque et démocratique, aux groupes fondamentalistes.
Puis la bataille s'est déplacée au Parlement, où un projet de loi contre la pornographie lancé en 1999, très édulcoré sous la pression de mouvements féministes et progressistes, avait été relancé en 2006. Eva Sundari, 43 ans, députée du Parti démocrate indonésien du combat (PDP-I, centriste), a participé à la rédaction du nouveau projet de loi et, devant l'impossibilité d'imposer ses objections, a quitté l'Assemblée avec les 108 députés de son parti au moment du vote. Aujourd'hui, elle est inquiète : "L'islam libéral en Indonésie est menacé par la droite."
La loi adoptée définit comme pornographiques "les dessins, ébauches, illustrations, photos, textes, voix, sons, images vidéo ou cinéma, dessins animés, poèmes, conversations, gestes ou toute autre forme de communication dans divers médias, ainsi que les spectacles publics susceptibles d'inciter à l'obscénité, à l'exploitation sexuelle et de violer la morale". Les peines pour les contrevenants ou pour ceux qui "exposent leur nudité" peuvent aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Enfin, l'un des articles de la loi autorise "le public à agir pour empêcher la production, la diffusion et l'utilisation de la pornographie". Pour les libéraux, c'est la porte ouverte à de nouveaux abus des brutes du FPI.
Plusieurs provinces indonésiennes à population chrétienne ou hindoue ont protesté. Le gouverneur de Bali a fait savoir qu'il refuserait de l'appliquer sur son île. Les professionnels du tourisme, furieux, ont réussi à imposer une clause protégeant le port du bikini sur les plages. Face aux critiques qui accusent la loi anti-pornographie de "trahir les valeurs nationales", le président de la République, Susilo Bambang Yudhoyono, un homme accommodant, démocratiquement élu en 2004 et candidat à un nouveau mandat cette année, a signé la loi en catimini, ce qui ne s'est su que courant décembre. Depuis, plusieurs associations étudient un recours devant la Cour constitutionnelle.
Vieux routier du combat démocratique, l'écrivain Goenawan Mohamed, qui contribua activement à la chute du régime Suharto en 1998, garde la tête froide. "Attendons de voir comment cette loi va être appliquée", dit-il, attablé devant le superbe centre culturel qu'il vient de créer à Djakarta. "Si elle est rigoureusement appliquée, il y aura une forte résistance." Pour lui, il y a une façon optimiste de voir les choses en Indonésie : "L'islam conservateur, ou plutôt sectaire, est en hausse, mais l'islam libéral aussi" et il est trop tôt "pour dire lequel va l'emporter". Pour l'instant, il se réjouit de "la liberté du débat, impensable sous l'ancien régime".
Il y a, chez les intellectuels libéraux indonésiens, une sagesse, un refus de s'alarmer qui exaspère des gens comme la députée Eva Sundari. Elle a vu, pendant la discussion sur la loi anti-pornographie, comment les conservateurs musulmans ont réussi à faire passer l'idée dans la société qu'il s'agissait simplement de protéger les femmes et les enfants. Elle voit l'habileté avec laquelle "la droite islamique", comme elle dit, infiltre les campus et les structures universitaires, pénètre la bureaucratie, exploite le système politique.
Face à cet activisme, accuse-t-elle, "les libéraux restent passifs". Tête nue mais les bras et les jambes couverts par un ensemble chemise-pantalon, elle pense qu'ils se trompent : "C'est un défi pour notre démocratie." Guntur Romli, le blessé du 1er juin, n'est pas loin de penser la même chose. Pour lui, "le problème de l'islam libéral, c'est que la majorité silencieuse reste silencieuse". Pendant ce temps, l'islam radical progresse, représenté "dans la rue par le FPI, dans la religion par le MUI (Conseil des oulémas) et au Parlement par le PKS", le Parti de la justice et de la prospérité.
Anis Matta, secrétaire général du PKS, n'a pourtant pas l'air menaçant. Au Starbucks Café d'une grande galerie commerciale, il arrive en compagnie de sa jeune femme Sylvia, Hongroise convertie à l'islam, enceinte, portant hidjab et abaya. Elle évite ostensiblement de serrer la main d'un interlocuteur masculin présent mais Anis Matta, en costume occidental et chemise à col ouvert, ne refuse pas la nôtre. Il explique que "l'explosion de démocratie" a donné "trop de liberté aux médias", surtout la télévision, qui s'en est servie pour "diffuser de la pornographie".
"C'est allé trop loin, dit-il. Or les Indonésiens n'aiment pas l'extrémisme, ni de droite ni de gauche. Ici, le communisme a échoué et Suharto est tombé parce qu'ils sont allés trop loin." Fin et courtois, Anis Matta affirme pratiquer lui-même le yoga, déclare que le dangdut, musique de variété locale dansée de façon très suggestive, est "OK" et qualifie le port du voile de "choix individuel". "Il est très malin, mais il a trois femmes", dit de lui une collègue au Parlement. "Non, deux", rectifie-t-il. Et sur une autre polémique qui a choqué beaucoup de femmes, celle d'un religieux musulman qui a pris comme deuxième épouse une fillette de 12 ans en prétendant imiter le Prophète, il préfère ne pas prendre parti.
Dangereux radicaux ? Pas le PKS, répond Sidney Jones, une spécialiste de l'Asie du Sud-Est à l'International Crisis Group. L'influence croissante de la filiale locale du Hizb ut-Tahrir, un groupe islamiste interdit dans la plupart des pays musulmans, qui veut instaurer un califat, l'inquiète davantage. Pour elle, le PKS rassemble des "militants politiques islamiques qui utilisent le système démocratique et veulent transformer l'Indonésie, de haut en bas, en une société plus conforme aux principes islamiques, qu'il s'agisse de la manière de s'habiller, de la moralité, de la corruption ou de la solidarité sociale". Le PKS a "de loin les cadres les plus dynamiques", et les organisations musulmanes traditionnelles modérées commencent à s'en inquiéter sérieusement. Plus que les intellectuels, qui se rassurent en soulignant le faible poids électoral du PKS (7,5 % en 2004).
Anis Matta affirme que son parti sera "très heureux" s'il atteint 10 à 12 % des voix cette année. Car ce n'est pas sur les bancs du Parlement que se joue l'avenir de l'islam indonésien. Dans cet archipel où hindouisme et bouddhisme ont précédé l'islam, dans ce pays si ouvert qu'il a fait de "l'unité dans la diversité" sa devise, c'est au coeur même de la société que se livre, chaque jour et âprement, la bataille pour le pluralisme et la tolérance.

dimanche 3 août 2008

L'Anggur Hitam .... (par FV le Somnelier)

Si la Bintang est le cadeau des Dieux, l'anggur hitam les a fait tomber sur la tête et a retourné la mienne par la même occasion… L'anggur hitam, c'est un cadeau empoisonné...

Un cadeau, car à 7,500 Roupies le litre, et ben c'est cadeau fils…tu risques pas de te mettre une telle race pour moins cher n'importe où dans le monde…

Empoisonné, au sens propre, car ça reste une boisson quand même pas très saine il faut l'avouer, et des gens en sont même morts parait-il…

Quelle est la recette de ce résidu de vomi des dieux ??? Et bien, si recette il y a, c'est un secret aussi bien gardé que la recette du Coca-Cola ou du Nutella. Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il y a de l'arak, du ginseng, du krating daeng (Red Bull), et forcément d'autres ingrédients magiques et machiavéliques qui lui donnent cette couleur, cette puissance, et ces arômes si particuliers.

L'anggur hitam, c'est sucré et âpre à la fois, c'est doux mais plein d'alcool, ça met en confiance mais ça crée le danger… C'est un peu écœurant et ça a le même goût à la descente qu'à la remontée.

Par une soirée de vendredi tout ce qu'il y a plus biasa, DG, CR, ClemR, VB, et moi-même, profitons du break de Mr Tony Q pour aller étancher notre soif à moindre frais dans les warungs de Plaza Menteng. Le sac plastique dans la main, la paille dans la bouche, l'anggur hitam descend dans nos gosiers tel Luc Alphand à Val d'Isère…

Retour à l'intérieur, l'anggur hitam a décuplé nos sens et créé une nouvelle ferveur.. ca joget, ça goyang au son de om funky… et puis ça devient plus difficile de discerner les formes et les sons, un passage de tronche sous la flotte s'impose… C'est la cohue dans la salle reggae, je descends aux toilettes du rez de chaussée ou je surprends DG en flagrant délit de posage de renard… Quelle petite nature me dis-je… Il s'avérera par la suite qu'il était juste en avance sur le deuxième effet kiss-cool de l'anggur hitam, celui qui n'est pas très très agréable…je sors prendre l'air, m'assois sur le trottoir et commence à griller une tige… Erreur!! Cette clope me débaroule tel une avalanche, la terre tremble, les murs tournoient… je vais m'allonger 5 minutes… qu'est ce qu'on est bien sur ce trottoir, voilà qui répond à tous mes besoins et désirs… après de longues minutes de lutte, je suis enfin bien, étendu sur le trottoir, serein, jusqu'à ce que VB et ClemR veuillent me ramener… mais non, c'est bon, je me repose 5 minutes, je prendrai un taxi…après une petite heure, ClemR perd patience et prononce des mots que je ne citerai par sur ce blog familial…bref, je me hisse à la place du mort, tête par la fenêtre, tel un épagneul breton sur le chemin de la promenade dominicale, l'enthousiasme en moins, et un flot de liquide gastrique ininterrompu coulant sur la portière de la 307 de VB en plus.

Enfin arrivé, je pars directement me coucher. Au matin, je sens comme une douleur à la clavicule, mon matelas est dûr et froid. Normal c'est le carrelage de ma salle de bain… la journee est officiellement déclarée morte... je traine ma gueule de bois jusqu'au canapé où je passe la journée à agoniser... plus jamais l'anggur hitam, plus jamais… mais comme dit le proverbe, il ne faut jamais dire «Petit vendeur ambulant de plaza menteng, je ne boirai pas de ton anggur hitam »…

vendredi 1 août 2008

Le cadeau des dieux (par SZ)

Un soir, en sortant du Club 36, TO, imbibé à la bière, s'est trouvé une âme de poète : "Eh... heu... Quand même, c'est heu... Le, la Bintang là, c'est heu un... un cadeau des dieux, franchement, non ?".

Bintang : Bière indonésienne, petit bijou sorti de la maison Heineken. Taux d'alcool variable d'une bouteille à une autre, mais rassurez-vous, on sait quand même qu'il y en a "kurang dari 5%" (moins de 5%). Une légende (à vérifier) dit que cette bière ne peut pas être exportée à cause de son taux d'alcool indéterminé. Boisson douce au palais, légère au goût, bon marché, elle a tout pour plaire. Toute personne qui se prend une cuite en Indonésie connaît son nom. "Bintang", ça veut dire "Etoile", une étoile qui illumine les nuits. On la boit pression ou directement au goulot d'une grande bouteille (620 ML), fraîche ou non, généralement décapsulée avec un briquet. Elle se trouve facilement, et se laisse boire tranquillement, au rythme de chacun.

Si vous avez le malheur de ne pas apprécier la Bintang, rassurez-vous, il y a des alternatives : l'Anker, autre bière indonésienne, est la concurrente directe de notre star (pratiquement tous les bars servent soit de la Bintang, soit de l'Anker). Attention, l'Anker est amère. Ensuite il y a la Heineken, plus forte que la Bintang (et moins bonne à mon goût). On trouve aussi de la Calsberg (berk), de la Corona (bof) et de la Guinness (alors celle-là, j'ai jamais compris comment elle s'est retrouvée en Indonésie...).

Conclusion : On est bien loin des bières belges et françaises de qualité, mais punaise, heureusement il y a la Bintang !


lundi 7 juillet 2008

Y’a une indonésienne qui habite chez moi !

Et ce n’est certainement pas Mr X qui me contredirait, mais une indonésienne est plus rapide qu’un TGV en pleine descente avec vent dans le dos. Au pays du nasi goreng, Bénabar est roi, à croire qu’il y est venu s’y ressourcer pour écrire. Les stéréotypes ont la vie dure mais il faut avouer qu’après quelques heures de bataille pour retrouver votre chez vous tout trop propre, vous vous délectez de pouvoir remettre votre TV sur la seule chaîne qui mérite qu’on s’y intéresse. Et là, vu que votre soirée s’annonce des plus excitantes en compagnie de PJ and co, vous assurez vos arrières et allez vous délester aux toilettes : ce serait dommage de rater un suspens aussi bien tourné……Catastrophe, en faisant vos petites affaires les yeux dans le vague à ruminer cette défaite en demi finale de coupe du monde de rugby, votre regard s’attarde sur un détail inhabituel du paysage de votre salle de bain : la brosse à dent de la demoiselle trône fièrement à côté de la votre…….le choc. Instantanément, votre vision périphérique se met en marche et il vous faut moins de 10s pour repérer la crème de visage blanchisseuse, le démaquillant et le shampoing pour longs cheveux ondulés. Par conte votre cerveau met beaucoup plus de temps à analyser cette situation :

-est-ce un simple oubli ? Dans ce cas, ne va-t-elle pas galérer le lendemain matin pour se laver et se préparer ? Dois-je l’appeler pour la prévenir ? Dois-je ruiner les 4h de diplomatie qu’il m’a fallu pour lui faire comprendre, sans la blesser, qu’il était temps qu’elle rentre chez elle pour de sombres raisons d’espionnage industriel……..

-ou alors est-ce un complot fomenté par ma mère se vengeant de mon squattage chez elle durant de trop longues années ?

-ou simplement, est-ce une question de culture ? est-ce un cadeau ? est-ce que les indonésiennes possèdent toute leur trousse de toilette en double ?

Je ne sais pas, je suis perdu. Je me demande si le problème vient de moi, après tout il est de notoriété publique que les hommes ont un problème d’engagement avec les femmes, peut être remarque. Mais quand même ça fait que deux jours qu’on est ensemble.

Bon allez, pour vous détendre, vous décidez d’appeler votre ami (peut être plus pour longtemps) Mr X qui a eu le bon goût de conclure le même soir que vous avec la meilleure amie de votre conquête. Le résultat est plutôt positif et vous vous sentez tout léger puisque ce pauvre bougre lui est toujours bloqué avec sa promise, ce qui, apparemment, est loin d’être de son plein gré, et il semble désespéré, prêt à craquer, prêt à prendre son kijang et aller rencontrer les parents de la belle pour fixer la date de la noce. Vous vous sentez heureux, comme si vous aviez gagné 5 euro au Morpion et vous délectez de la situation de votre ami.

Ah dur dur,

Question : est-ce que cette histoire aurait pu se produire ailleurs dans le monde ? Certainement. Est-ce que ce post alors est d’une totale inutilité ? Certainement aussi mais à ma décharge c’est CR qui m’a obligé.

En même temps, estimez vous heureux, je vous ai épargné les étapes où elle se barre de chez vous avec vos doubles de clefs, où elle invite sa copine chez vous toute la journée, vous demande si elle peut dormir chez vous etc etc… un peu plus elle vous ferait dormir sur le canapé parce que sa copine a un lumbago des cheveux

Misogyne, goujat, et j’en passe mais messieurs méfiez vous, il se pourrait qu’un élément plus rapide que la lumière vous démontre que la couleur originelle de votre sol n’est pas le gris mais bien le blanc.

jeudi 22 mai 2008

L’Indonésie, ou la phobie du silence et de la solitude.

L’Indonésie, ou la phobie du silence et de la solitude.

Ce qui m’a frappé lors de l’ascension du Krakatau : le silence absolu une fois arrivé au sommet - qui succède au son d’un souffle lourd encrassé par des années de tabagisme…c’était la première fois en 2 ans que je n’entendais absolument rien… je ne l’ai d’ailleurs pas réalisé tout de suite. Je trouvais qu’il y avait quelque chose d’étrange, de magnifique…ce n’était pas la vue, bien qu’elle soit elle aussi très belle… c’était le calme.

Ca tranche avec Jakarta. Une visite dominicale au Mall Ambassador vous le fera comprendre… En rentrant de Carrefour, il faut passer par les stands de DVD, les petites boutiques de fringues…chaque stand a son propre sound system, ses enceintes et boomers. Une surenchère de décibels, de la musique de partout, mais aucune n’est audible, un mélange de Bon Jovi, Beyonce, avec une touche de Dangdut…je n’ai qu’une envie, fuir… Impossible, cet endroit, insupportable à mon gout, est un populaire tempat nongkrong, les Indos s’y baladent avec plaisir, déambulent lentement entre les rayons, téléphonent même au milieu de cette insupportable cacophonie…

Dans la rue, en plus du bruit des voitures, kopajas et autre bajajs, les warungs font aussi marcher la radio ou la télé à fond, les aveugles chantent avec une boite a rythme dangdut en fond sonore…si votre autoradio est cassé et que vous êtes en manque de bruit, pas de problème, ouvrez la fenêtre au feu rouge, un gamin viendra vous chanter une chanson pour 1,000 Roupies, ou une petite vielle viendra taper sur une mini cymbale ou un morceau de bois...

Un autre exemple frappant: trekking de 3 jours dans la jungle a Sumatra. On part avec deux guides, qui nous disent : laissez les sacs, nos collègues les amèneront au bivouac ce soir…Ils arrivent donc le soir chargés comme des mules avec nos sacs, la bouffe, des bières, des casseroles…et comme si ce n’était pas assez, une magnifique radio en forme de moto de course…au lieu de profiter du calme et des bruits de la jungle, on met la radio…

Au bureau, c’est la même chose, chaque pièce a sa musique, généralement assez forte, il faut un fond sonore… Le bruit est présent toute la journée.

Passer un moment seul ? Ca ne va pas la tête ? Les indonésiens prennent rarement le temps de s'isoler. Dans la rue, dans les malls, au bureau, on les voit souvent en groupes, comme si le fait d'être seul n'était pas envisageable.

Un jour, je partais manger seul un midi. Une collègue me demande, avec l'habituelle curiosité indonésienne (un autre sujet sur lequel il y a tant à dire, revue à venir "bientôt"...) :
"- Tu vas manger où ?
- Dans le building d'à-côté.
- Avec qui ?
- Tout seul
- Tout seul ???
- Euh, oui, pourquoi ? ...
- Qu'est ce qui ne va pas, tu déprimes ?
- Euh, non, pourquoi ?
- Bon attends, je t'accompagne..."

On va au resto, on s'installe. Je commande un nasi goreng et ma collègue commande un jus de fraise.
"-Tu ne manges pas ?
- Non, j'ai déjà mangé avant de venir.
- ???... Alors, pourquoi m'as-tu accompagné ?
- Eh bien, je n'allais quand même pas te laisser aller manger tout seul !!"

Le bruit fait partie intégrante de la culture indonésienne, de même que la foule… En occident, la foule effraye, ici, elle rassure… En Indonésie, le silence met mal à l’aise, et la solitude fait peur…ayo, kita rame-rame !!

Agoraphobes, préférez l’Alaksa…

mardi 13 mai 2008

Le Kantor Imigrasi (Par FV)


Comment décrire l'atmosphère du lieu…une foultitude d'uniformes qui déambulent d'un pas nonchalant dans les couloirs, démarche de visiteur de musée, kikil basile, le sourire aux lèvres, et la kretek au coin du sourire…une capacité à ne rien foutre tout simplement luar biasa

1ère étape, attirer l'attention…entre Pak Dedy occupé à fumer sa kretek à côté du panneau "no smoking", pak Wijaya débordé par l'astiquage de sa raquette de ping-pong (véridique, ça a pris une heure), et Pak Nyoman occupé à regarder béâtement dans le vide en attendant que quelque chose ne se passe pas, mon 6ème hmmm-hmmm attire finalement l'attention d'un petit moustachu : c'est pour quoi ?

-ben j'aurais bien fait un ping pong avec ton pote, mais là tout de suite, j'aimerais renouveler mon visa…kira-kira, ça prendra combien de temps ?

A question stupide réponse stupide…mini-bowo se bidonne avec son pote, qui lache un instant sa raquette pour demander : Pourquoi, t'es pressé ? t'as des trucs à faire ? allez tunggu aja, silakhan duduk…

Une fois assis, l'organisation de l'affichage sur les murs me frappe…de petites notes format A4 disposées avec parcimonie sur les murs de la salle listent les documents à préparer et la procédure à suivre…et sont encadrées par d'énormes posters d'un mètre sur deux détaillant le planning et les résultats des tournois de ping-pong et d'échec du bureau…

On comprend mieux alors que le lustrage de la raquette de Pak Wijaya passe avant mon visa…d'après les résultats du tournoi d'échecs, Pak Nyoman n'a pas l'air très malin, son regard bovin plein de vide s'explique finalement très bien…il y a une certaine logique dans ce lieu quand on essaie de le comprendre...

5 heures, 275 marches, une bouteille d'Aqua, un paquet d'oreo, 18 clopes, et un coup de tampon plus tard, je me dis qu'ils sont quand même forts ces bons à rien… plus ils sont lents, incompétents, pétri de mauvaise volonté, plus ça dure, et plus les gens ont envie de payer pour accélerer la procédure…tout le système est fait pour encourager les dysfonctionnements et l'incompétence…ils font rien, mais ils le font à la perfection... chapeau melon les pejabats…conclusion magnifique de cette visite, la fonctionnaire m'ayant rendu mon passeport ferme son guichet avec un petit écriteau : istirahat…oui, reposes toi bien…

P.S : j'ai bien aimé aussi la prise d'empreintes digitales… genre ils ont un système informatique centralisé comme au FBI pour recouper les empreintes… j'imagine la scène au poste de police…

-tiens cousine, les empreintes qu'on a trouvé sur le lieu du crime, regardes ce que tu peux trouver

-tout de suite chef….ben… il avait les doigts gras... il a du manger un ayam goreng...celui là on le laissera pas filer chef…


lundi 12 mai 2008

Le putain de puter (par DG)

Prés en bulle

La vie d’expatrié est fort bien sympathique à Jakarta cependant il existe quelques points noirs ; ces petits comédons infâmes qui nous mettent un petit peu trop de piments dans la vie et qui par conséquent nous font bien chier. Aujourd’hui, le trafique jakartais.

C’est sans doute le 1er mot que l’on apprend en Indonésien quand on arrive à Jakarta : « Macet » (se prononce matchette) ou embouteillage, phénomène rigoureusement régulier en semaine de 8h à 11h et de 16h30 à 19h30 (grosso-merdo, sauf évènements exceptionnels), dans ces créneaux, il faut compter parfois jusqu’à 1h pour parcourir une distance couverte en 5-10 minutes durant la nuit.


Le macet est LE problème à Jakarta, et ça n’est pas près de s’arranger étant donné l’évolution du nombre de véhicule comparé à celle des voies circulables (l’un augmentant presque 40% plus vite que l’autre).
Il y eut pourtant des tentatives et des idées :
- Un nouveau moyen de transport en commun : le monorail, mais le projet lancé au milieu des années 90 est tombé sur quelques problèmes de financement à la suite de la crise monétaire asiatique de 1997, puis la reprise du projet a rencontré quelques problèmes de financements de la corruption. Du coup, nous avons de beaux piliers par endroits mais c’est tout. A noter, on commence à parler d’un MRT, métro sous-terrain… mais c’est pas pour après-demain
- Le co-voiturage a été fortement encouragé par la création, il y a une dizaine d’année, de l’ingénieuse règle du 3-in-1 : certaines grosses artères ne sont accessibles à certaines heures (les heures de macet) que pour les véhicules transportant un minimum de 3 passagers. Le système est assez foireux en fait puisque les jakartais n’ont pas vraiment joué le jeu du co-voiturage, ce qui a juste déplacé et intensifié le macet par endroits.
- Les bus-ways : dernière innovations des bureaucrates, la bus-way c’est bien pour ceux qui prennent le bus (quoiqu’aux heures de pointe…) mais ça fait encore moins de voie circulables qu’avant pour les voitures (la photo ci-dessous illustre bien la situation (merci CR).

Il faut dire que les système même de circulation à Jakarta est pour le moins très étrange. Les carrefours surtout; peu de feu et les ronds-points se comptent sur la moitié des doigts de la main. Pour tourner, il faut sagement s'aligner sur la file de droite le long du terre-plein et attendre patiemment pour faire demi-tour de croiser l'un des passages aménagés à cet effet : les fameux « Puter balik », le problème est qu'il y en a un tous les plusieurs kilomètres. La manœuvre est à recommencer quelques kilomètre plus loin si l'on souhaite tourner à droite à un carrefour, ce qui est très pratique comme vous pouvez le voir sur ce grossier schéma :


Bien sûr, il faut imaginer cela à l’heure de pointe, avec les changements de files, les motos qui se faufilent, les enfoirés qui veulent passer avant tout le monde et les connards qui vous grillent la priorité, c’est encore plus drôle.

Le Macet crée même sa petite économie parallèle: les Ojeks (moto taxis) en tirent l'essentiel de leur popularité, de nombreux vendeurs ambulants défilent entre les voitures immobilisées pour vendre journaux, boissons, Krupuks (des chips) et snacks en tous genres.
Des apprentis musiciens gratouillent vaguement leur guitares ou ukulélés déglingués et mendient entre les voitures pourtant insonorisées. Des petites rues avantageusement situées entre plusieurs axes encombrés se transforment en raccourcis à péage. Des mecs se placent aux intersections pour soi-disant aider les véhicules à faire leur demi-tour pour grapiller quelques milliers de roupies (mais ils sont bien-sûr souvent eux-mêmes une cause de Macet). Les « Jokeys » attendent leurs clients devant les zones « 3-in-1 » pour monter (moyennant paiement) dans leur véhicules et ainsi atteindre les 3 passagers nécessaires pour emprunter la rue. Les flics, se garent en plein carrefour, bloquent des demi-tours juste pour faire chier, raquettent les automobilistes qui s’aventurent sur les 3-in-1 ou les bus-ways… bref s’arrangent pour que le bordel ambiant soit encore plus le bordel. C’est sans compter les officiels indonésiens qui dans leur gros 4X4 aux vitres teintées tentent la traversée du Macet accompagnés de motards aux gyrophares hurlant… et les ambulances et camions de pompiers bloqués, les klaxons fantaisistes imitant le canard constipé… un joyeux bordel baignant dans un air hautement pollué.

Blocage de la voie d'autoroute pour le passage du Président

Les facteurs aggravants du macet sont la pluie (qui fait déborder les caniveaux et transforment très rapidement les avenues en torrents), les manifs (rares), les visites officielles (certaines rues sont ainsi bloquées parfois plusieurs heures pour le seul passage d’untel, le connard en chef), et les veilles de jours fériés (et y’en a déjà pas mal en Indonésie, sans compter tous les vendredis soirs). Une savante combinaison de tous ces éléments crée parfois un évènement exceptionnel communément appelé le « Macet total », ou la ville est tellement surchargé de véhicules, que les conducteurs ou passagers sont condamnés à passer une bonne partie de la soirée dans les embouteillages, voire même de s’arrêter passer la nuit dans un hôtel (véridic).


Le putain de puter


Un mercredi après-midi pluvieux au bureau, je décidais de monter dans ma fidèle tuture pour rentrer à mon appartement sur le coup des 17h : erreur grave !
Heureusement dans ma grande sagesse, je décidais d’embarquer à mon bord deux grandes bouteilles de bière Bintang (Le cadeau de Dieux) pour tromper mon ennuie lors du trajet que je me doutais qu’il allait être un peu long quand-même-pas-folle-la-bête.

En effet, dès que je pose mes pneus sur l’asphalte imbibé d’eau, je me rends compte de l’étendue des dégâts : « c’est vraiment un bordel magnifique ce soir » me dis-je à haute voix du ton de l’automobiliste français qui est content de parler tout seul à voix haute sans complexe (l’alcool aidant) et qui mugit parfois « connard !!!! » quand il se fait faire une queue de poisson.

Ça faisait bien une heure et une bière que je roulais maximum en seconde quand aux abords d’un carrefour, je me dis : « ce soir, c’est le trop le bordel, il faut que je trouve un raccourcis (en plus j’irai bien pisser un bol) », c’est ainsi que je décidais de tourner à gauche pour éviter de passer sous le pont qui commençait à être passablement inondé, ce qui ralentissait pas mal les voitures : erreur grave !

Et c’est au bout de 15 min supplémentaire que je l’ai vu, lui, l’ennemi, le flic à l’abri dans sa caisse à fumer sa kretek, garé en toute impunité au milieu de mon passage, m’empêchant de rejoindre mon petit puter. Je résistais à la tentation de lui faire sa fête à coup de bouteille vide et ouvrait la pleine, en avançant vers mon destin qui me conduisit une demi heure après à travers le kampung Kuningan/Tebet, à faire des ronds, des demi-tours, me gourrer de route et de me perdre dans ce labyrinthe avant de ressortir au bout d’une autre demi heure en face du MacDo Supomo, à 800m vol d’oiseau de mon bureau… là j’accuse le coup, surtout que j’ai achevé ma dernière binouze et que la batterie de l’Ipod est vide. Je me reprends vite : met une cassette de Bob Marley et interpelle un pélo pour aller me chercher deux canettes au warung, et c’est reparti : cette fois le trafique est un peu moins dense et me retrouve en moins d’une demi-heure à l’embranchement de Casablanca/Rasuna Said. Alors que je remonte doucement la longue avenue (ce qui me permet au passage d’uriner sans trop de dégâts dans une des bouteilles vides), je remarque qu’un policier détourne des voitures vers les voies de bus pour désengorger l’avenue, ce qui fait qu’au bout d’un moment, même les passagers des busways sont eux-aussi pris dans le macet. Je me décale le plus tôt possible pour faire la queue qui me permettra je l’espère de prendre le puter-balik final : erreur grave !
C’est un complot ce soir je m’en rends compte à présent, le lobby des brasseurs de bière a-t-il soudoyé la police ? toujours est-il qu’un autre policier a jugé bon de barrer le demi-tour.
La vessie vide et l’esprit embrumé, j’engloutie ma dernière cannette et me dirige vers le demi-tour qui se trouve quelques kilomètres plus loin.
J’arrive ce soir là sur les coups de 20h30 à mon appartement (bien émeché); 3 heures et demi pour rentrer chez moi alors que j’habite à moins de 10km de mon bureau (le trajet de nuit, sans macet, se fait en 10 minutes en bourrant bien) : Putain de puter…



Ci-dessous, un schéma pas très clair qui tente d'expliquer mon périple (légende : en violet, mon chemin habituel, les flêches rouges représentent le trajet effectué + ou -, c'est pas à l'échelle désolé VB), départ en bas à gauche



dimanche 11 mai 2008

Tour d'horizon des restos de Jakarta III (par CR)

Quelques adresses dans le rayon "Petit resto sympa et pas trop cher" :



IKON



Tout en long, très calme, atmosphère décontractée et paisible. Rarement plus de 5 clients.
Tableaux de Paris et de Marylin Monroe.
Plats asiatiques et européens. Nourriture plutôt bonne.
Un de mes endroits préférés à Jakarta.

L'établissement fait aussi salon de coiffure et de massages, je n'ai jamais essayé.

Budget : Plat + Boisson = Rp.50.000.

Accès wifi gratuit.

Jalan Kawi (Derrière Menara Imperium), Guntur.
tel. 021-8356963



GALERIE CEMARA 6


C'est avant tout une salle d'expositions. Mais la culture on s'en fout, vive la bouffe !

Une petite arrière-cour fleurie et paisible, à l'ombre, ventilée, peu peuplée...
Les chats se prélassent et les gens se délassent.
Un petit coin de paradis dans la jungle urbaine.
Plats asiatiques et européens. Nourriture correcte.

Budget : Plat + Boisson = Rp.60.000.

Accès wifi (gratuit ou pas, je ne sais plus).

Jalan HOS Cokraominoto No. 9, Kuningan/Menteng.
tel. 021-3911823



MIRANDA


Un autre endroit paisible... Une petite cour sympa et intimiste. Le son des grenouilles et des serveurs marrants.
Seul hic : Un gars qui chante par moments au son d'un synthé, pas toujours terrible...
Plats indonésiens et asiatiques. Nourriture bonne (mon spécial : le Ayam Kuluyak).

Budget : Plat + Boisson = Rp.50.000.

Rue parallèle à Jalan Imam Bonjol, proche de Taman Menteng.



KEDAI


Tables en bois, ambiance cantine... Un resto dans un chalet suisse ?
Ambiance surréaliste dans un building aseptisé du centre des affaires. Agréable.
Plats asiatiques et européens. Nourriture correcte.

Budget : Plat + Boisson = Rp.50.000.

2ème étage, Menara Graha Irama (Indorama), Jalan HR. Rasuna Said, Kuningan.